Le darwinisme étendu

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En 1859 Darwin publie « L’origine des espèces ». Il prouve alors que toutes les espèces évoluent selon un schéma de hasard et de nécessité. 

Imaginons que cette évolution ne se limite pas qu’aux espèces. Pourrait-elle concerner des domaines plus vastes : les modes de vie, les sociétés, les religions, les entreprises, les hommes ?

En découvrant l’archipel des Galapagos, Darwin avait constaté que des oiseaux très similaires avaient évolué différemment sur des îles pourtant très proches. Ces petites différences se manifestaient notamment au niveau du bec. Tantôt plus long et fin pour les uns, tantôt plus court et massif pour les autres. Le contexte environnemental participe à la sélection naturelle favorisant non pas les plus forts, mais les plus adaptés. Par exemple : un bec plus fin permet d’accéder à des vers cachés dans les petits trous dans l’écorce des arbres, un bec plus massif permet de briser la carapace des insectes.

Aujourd’hui, notre contexte, c’est celui d’une planète habitée par plus de 7 milliards d’humains. Il est différent d’hier, car influencé par nos activités, émettrices notamment de CO2 (industries), parfois hostiles à la biodiversité (agriculture chimique, déforestation, surpêche, élevage intensif…).

La question qui se pose, est de savoir si le contexte environnemental que nous dessinons depuis la révolution industrielle, est favorable ou non aux formes de vie que nous connaissons, y compris la notre…

Un océan plus acide fera le bonheur des méduses, comme on commence déjà à le voir. Si on y ajoute l’absence de prédateurs avec la surpêche, on offre une surface de développement immense à ces organismes. Une terre plus chaude contentera également d’autres espèces plus adaptées à des climats arides. En faisons-nous partie?

L’accélération des rythmes de vie, et l’augmentation de la population ont sous de multiples angles changé notre contexte environnemental. Ces perturbations majeures doivent en parallèle évoluer avec notre comportement, nos habitudes, qu’elles soient alimentaires, de déplacement, ou de consommation d’énergies. Souhaitons-nous rester adaptés à notre environnement, ou souhaitons-nous nous y sentir étrangers ?

Ne serait-il pas temps de comprendre que la vie telle que nous la connaissons a émergé sur cette planète suite à des millions d’années d’évolutions et de modifications tant physiques que chimiques ? Que de ces changements résultent un monde propice au foisonnement de la vie, un berceau, une terre nourricière, dont nous faisons partie.

Est-il possible d’imaginer une coévolution de nos sociétés, de notre style de vie en accord avec la matrice qui nous a fait naître ? Ou souhaitons-nous avoir l’arrogance de croire qu’en détruisant ce foyer, nous nous en porterons mieux ? Souhaitons-nous transformer un univers accueillant en univers hostile ?  Pouvons-nous apprendre au contraire à préserver le plus longtemps possible ce cadre adapté et favorable à l’épanouissement de notre espèce ?

Pour la première fois dans l’histoire, cette question est entre nos mains, non pas celles d’un individu, mais celles de tous les habitants de cette planète.

Comme le dit Jacques Attali : « nous entrons dans une période décisive où s’affrontent deux problématiques : individualisme ou altruisme… Vers laquelle de ces philosophies de vie l’évolution de l’espèce humaine nous conduira -t- elle ?

Lire l’interview de Jacques Attali : « Pour une modernité de l’altruisme« .
Écouter l’émission « Planète terre » sur le monde en 2029.

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